Dernière étape du Costa Rica, la ville de Quepos, réputée pour le parc Manuel Antonio : le plus petit parc du pays mais le plus touristique. Les commentaires sur les différents sites internet nous effraient un peu : a priori il y a beaucoup de monde et peu d'animaux à cause de la foule. On part à 6h30 du airbnb pour arriver avant 7h au parc, l'heure d'ouverture. On se fait harcelé par les gilets jaunes à l'entrée pour garer la voiture : ils se mettent devant votre voiture et vous affirment que vous ne pouvez pas vous garer plus loin... Pas de chance, on connaissait le stratagème (pour s'être fait avoir au Vietnam...) mais il n'y a quand même pas de parking officiel donc vous devez donner de l'argent pour qu'on ne vous crève pas les pneus (quand on est reparti, il y en a un qui n'avait pas payé, a priori, et il a dû changer son pneu...). 

Bref, on est hors saison et finalement on est parmi les 10 premiers à entrer dans le parc. On décide de ne pas suivre les autres et de prendre le chemin que personne ne prend mais un guide insistant nous dit de ne pas aller par là et de le payer pour voir des animaux - parce que ce n'est pas notre métier et qu'on ne verra rien... On est tous les quatre têtus donc on prend quand même ce chemin : après quelques mètres, on aperçoit des agoutis (des espèces de ragondins) puis des grenouilles et des biches (on n'aurait jamais deviné qu'il y a avait des biches dans la jungle !). 

On retrouve ensuite le chemin commun et on voit des paresseux, crabes et plusieurs espèces de singes ! 

Il est interdit d'apporter des barres céréales / gâteaux dans le parc et on se fait fouiller à l'entrée mais une famille a côté de nous est en train d'en manger. Les singes arrivent à côté de nous, ils sont habitués à l'humain puisqu'ils posent pour la photo (au contraire des singes hurleurs qui ne nous approchent pas...). 

Un des singes s'empare du gâteau d'un des enfants de la famille : le petit garçon se met à hurler et ses parents se mettent à rigoler. Le singe est clairement ennuyé par les hurlements du môme alors comment on fait pour le faire taire ? Et bien il lui donne deux claques... Vous imaginez bien que le môme se met à hurler de plus belle et les parents continuent à ricaner bêtement (ils étaient accompagné d'un guide que ça ne faisait pas du tout rigoler par contre...). 

Après des heures à se promener, on commence à avoir vraiment chaud. On part en direction d'une des plages du parc pour se rafraîchir. Sur cette plage, on trouve quelques bernard-l'hermite mais la quantité est ridicule par rapport à Samara. Par contre, on croise beaucoup d'iguanes et des gros : on fait pas trop les malins non plus !

Le tonnerre gronde au loin, il nous laissera une bonne demie heure de répit avant de s'abattre sur nous. On remet nos ponchos, on traverse le parc sous une averse et on rentre trempé à l'appart (nos chaussures n'ont jamais séché à cause de l'humidité ambiante !). 

Le lendemain, dernier jour ici, nous allons voir la cascade de Nauyaca. C'est écrit sur leur site qu'ils acceptent la CB, tant mieux car on a plus de liquide et comme on part demain, on ne veut pas en retirer. On arrive donc sur la place et les dames aimables comme des portes de prison nous disent qu'elles ne prennent que du cash. Quand elles comprennent que nous sommes quatre et qu'on ne fera donc pas la visite, oh la machine à CB apparaît et elles acceptent finalement le payement...

On prend notre 4x4 pour descendre jusqu'au parking, certaines berlines sont restées en haut de peur de ne pas pouvoir remonter ensuite (franchement, c'est largement faisable de descendre dans une voiture autre que 4x4 si vous savez un peu conduire sur une piste - d'ailleurs les locaux n'ont pas de 4x4 ici !). Puis 4 km de marche pour arriver à la plus grade cascade du pays - la marche est facile d'accès mais avec la chaleur et l'humidité on a un peu l'impression de faire du sport dans un hammam ! On avait peur que le débit soit faible puisqu'on est à la fin de la saison sèche mais il y a pas mal d'eau et elle est très belle. Très bel endroit pour terminer notre séjour ici !

On s'accorde deux jours de vacances complètes : plage et farniente. Pour cela, nous allons sur la côte Pacifique dans la petite ville de Samara. Notre airbnb est une grande maison avec piscine privée et hamac (très important le hamac !). La propriétaire nous indique une petite plage cachée pas très loin, accessible à cette période de l'année car la rivière est sèche et qu'on peut facilement traverser ! On prend donc notre 4x4 pour passer l'après midi à la plage mais on se retrouve face à une petite rivière dont on arrive pas à déterminer la profondeur. Une voiture arrive, elle passe mais l'eau est déjà haute, dans notre petit 4x4 de location, on préfère ne pas la traverser ! Le GPS est notre ami, on trouve une autre route qui traverse la rivière à un autre endroit. On tente et bingo, là la rivière est asséchée, on passe sans problème. On arrive sur une grande plage et pratiquement personne : on y passera l'après-midi !

Par contre, pas question de poser sa serviette sur le sable, des milliers de bernard-l'hermite sont présents. Dès qu'on s'approche, ils ne bougent pas et ressemblent à des petits cailloux mais après quelques minutes, ce joyeux monde s'anime ! 

 

Après ces deux jours de plage, nous reprenons la route pour la région de Monteverde. Pour y accéder, c'est de la piste, ça remue beaucoup ! Les gens qui habitent la région ne voulaient pas d'une vraie route pour éviter que le tourisme de masse se développe et condamne les réserves naturelles de la région (raté...). La région est située légèrement en altitude et elle est souvent dans les nuages, malheureusement on y échappera pas : nous visitons la réserve de Santa Elena sous la pluie et dans la boue, aucun animal observé à part des chenilles !

On continue la série des volcans et des parcs nationaux. A une heure de route, nous nous rendons au parc du volcan Tenorio où coule la rivière Céleste ! On arrive sous la pluie : la visite se fera donc en poncho ! Le premier arrêt est une cascade : on descend quelques marches et on peut déjà apercevoir la couleur de l'eau, bleu ciel. 

On continue ensuite notre randonnée par des chemins boueux à travers la jungle pour arriver sur le début de cette rivière. Ici il y a deux ruisseaux : un est riche en silicates d'aluminum (merci Jamie) et l'autre est très acide : BAM, (ça fait des chocapic) réaction chimique qui donne cette couleur bleue (c'est ce que l'on voit sur la photo, au niveau de la "ligne" blanche).

Pour la fin de la marche, on a de la chance : le ciel se dégage et les animaux commencent à sortir. On rencontrera entre autres une grenouille bien cachée dans les feuilles (impossible à voir sans un guide !), un colibri, un papillon bleu gigantesque et un coati (un cousin du raton laveur, non ce n'est pas un chat sur la photo !).

On retourne à l'hôtel : ils ont un très grand terrain où on peut faire une mini randonnée à côté de la rivière. La couleur est moins puissante que le matin puisqu'on est plus loin du début mais ça reste joli. On rencontrera deux toucans (au loin) et d'ailleurs les seuls qu'on ait pu apercevoir au Costa Rica, puis le retour des singes hurleurs (au loin eux aussi, on a pas réussi à les voir !). 

Nous continuons notre route pour aller voir un nouveau volcan (enfin essayer...). Le volcan Arenal s'est endormi il y a moins de 10 ans après avoir été le plus actif du Costa Rica depuis 1968 (il a rayé de la carte plusieurs villages d'ailleurs...). Il est impossible de monter à son sommet mais plusieurs randonnées (petites) sont possibles à son pied. Nous choisissons le parc privé Arenal 1968 (en référence à la grosse éruption cette année là) où nous prenons le chemin le plus long passant pas la forêt et les anciennes coulées de lave. 

La visite commence par un très beau point de vue sur le volcan...

Bon ok, on n'a pas eu de chance pendant les deux jours sur place, on a jamais vu le sommet de ce volcan (on a des doutes sur l’existence du volcan d'ailleurs !).  

Ensuite on traverse des plantations de fruits locaux : les ananas et les bananes nous donnent envie de les cueillir et de les manger (malheureusement, on n'a pas le droit...). On arrive dans la jungle et on longe un lac où on peut voir beaucoup d'oiseaux ! 

Au loin on entend des hurlements, on a l'impression que King Kong est dans la forêt, on est pas pressé de croiser cette bête parce qu'on est pas sûr de ce qui fait ce bruit (finalement, on apprendra que ce sont des singes hurleurs, des petits singes noires mais avec un cri qui peut être entendu à plus de 5 kilomètres : si vous voulez écouter, c'est ici !). 

On finit notre marche sur les coulées de lave et la végétation a bien changé ! Il fait bien plus chaud que dans la forêt et on croise des lézards. Après 3 heures de marche pour à peine 5 kilomètres (c'est long de chercher les animaux avec les yeux en l'air !), on quitte le parc pour des bains d'eau chaude ! 

 

Dans la région, il y a une rivière qui passe à proximité du volcan et qui est chauffée naturellement. Malheureusement (et comme souvent ici) tout est privatisé : des dizaines d'hôtels ont la rivière pour eux, l'entrée est à plus de 50$... Mais il existe un accès "gratuit" que l'on emprunte ! On gare la voiture, un homme avec un gilet jaune nous demande de l'argent pour la surveiller (enfin si on lui donne pas, il nous crève les pneus...) et on file vers la rivière. On passe sous un pont, on escalade un petit muret et on touche l'eau : en effet c'est de l'eau chaude ! Le cadre est sympa si on regarde dans la bonne direction, sinon c'est barbelés, murs effondrés et graffitis (je vous épargne cette partie !).  Les gens se baignent, nous on a pas nos maillots mais on y trempe tous volontiers nos pieds :)

On quitte donc San José pour le volcan Poas, à une heure de route. Le volcan Poas est le plus actif du Costa Rica. Il a été fermé récemment à cause de son activité et a rouvert au public en partie. Des restrictions sont donc appliquées : la visite ne se fait que par groupe et la durée sur place est limitée pour pouvoir évacuer facilement en cas de problème. 

On arrive sur place en voiture : il y a peu de monde, la saison touristique étant terminée (car la saison des pluies commence !). On nous donne des casques car des pierres peuvent être éjectées, puis ils nous énoncent les règles de sécurité (en gros, courrez vous cacher si ça commence à exploser...). 

Quinze petites minutes de marche sur le bitume pour accéder au cratère pour observer un panache de fumée pendant 20 minutes (étrangement ça ne sent pas le souffre ici). On a de la chance, le volcan est entouré de nuages mais aucun ne nous bloque la vue. On avait jamais approché un cratère en activité d'aussi près mais dommage qu'il n'y ait aucun challenge pour l'approcher. Egalement toutes les randonnées autour sont fermées au public, la visite est chère pour si peu. 

10h30, nous avons déjà terminé la visite. Il y a une cascade connue pas très loin mais le prix de 50$ par personne nous rebute (voire dégoûte !). On passera l'après midi à préparer les jours suivants à l'hôtel. On en profite pour faire une petite balade dans le jardin et on observe de nombreux colibris (prometteur pour la suite !). Cerise sur le gâteau, à la tombée de la nuit, le jardin se rempli de lucioles, c'est féerique ! 

Direction maintenant le Costa Rica en Amérique Centrale (vous m'excuserez mais je range quand même le pays dans la catégorie Amérique du sud !). Nous passerons deux semaines à visiter une partie du pays avec un couple d'amis qui nous a rejoint depuis la France. 

Première étape : San José, la capitale. Les voyageurs s'y arrêtent rarement pour la visiter mais on décide de lui donner une chance (et de récupérer du voyage/jet lag pour nos amis !). Nous visitons un premier quartier, San Amon, quartier où l'on peut trouver de belles anciennes maisons des producteurs de café. Bon, on a pas dû aller au bon endroit, parce qu'on a pas vraiment trouvé les maisons... On continue vers le centre ville où on décide de déjeuner rapidement des empanadas. Ensuite, nous arrivons devant le théâtre national, la seule chose à ne pas manquer dans la ville d'après les guides. Sympa mais pas l'affaire du siècle tout de même ! On persévère : une jolie église, une jolie poste, un marché sans grand intérêt et un parc qui ne donne pas envie de s'arrêter ! 

On a fait le tour de la ville, on a cherché des points d'intérêt mais franchement on en a pas trouvé... La ville est vraiment a éviter ! Heureusement, le lendemain on part à la conquête des parcs et de la nature !

Après le Machu Picchu, nous prenons un avion pour Lima où nous passerons deux jours. On s'installe dans un hôtel dans un quartier pas touristique, on adore car on voit "la vraie vie". Pour notre après midi, nous souhaitons aller au quartier de Miraflores, le plus touristique de la capitale, que nous avions mis de côté quand nous sommes arrivés. 

Nous sommes à 5 kilomètres du quartier donc on y a va à pied. On marche dans l'avenue principale, normalement c'est toujours tout droit. Mais au bout de 30 min, on en a marre : ça klaxonne toutes les 30 secondes (c'est comme ça que les taxis demandent aux piétons s'ils veulent monter) et ça sent le gaz d'échappement. On fait demi-tour, tant pis pour Miraflores ! (On est lâche, oui je sais...)

On part à la place à la recherche d'une laverie (faut faire des choix dans la vie !) et après avoir essayé 5 ou 6 emplacements, on en trouve enfin une qui facture au kilo de linge. Comme on part le surlendemain, on s'assure qu'ils peuvent nous rendre nos vêtements demain (où alors on a plus rien à se mettre après !). Pas de problème pour lui, à condition qu'on lui apporte le linge à 8 heures demain matin (nous qui espérions une grasse mat', c'est raté !). 

 

Le lendemain donc, on apporte nos vêtements et on rentre à l'hôtel petit déjeuner. On a le droit à un buffet, c'est pas tous les jours la fête donc on en profite ! On part ensuite vers le vieux centre de la capitale, à pied toujours. Il y a des rues piétonnes et on traverse des parcs, c'est bien plus agréable que la veille. 

Sur la route, il y a de nombreuses écoles d'infirmière, kiné, de sciences... On se fait arrêter par des étudiants en kiné qui proposent aux passants des massages gratuits pour s’entraîner. Je ne me fais pas prier et je les suis dans une salle où il y a déjà 5 ou 6 personnes en train de se faire masser. Avec les sacs qu'on porte un jour sur deux, c'était la bonne surprise du jour ! 

On continue notre chemin et on arrive face au palais de justice : ce vieux bâtiment est immense et magnifique. On passera ensuite devant le département de la justice contre les fonctionnaires corrompus...

Puis des quartiers beaucoup moins touristiques et bien moins accueillants qu'on traverse très rapidement. On arrive sur le marché de la ville : une partie est sous des halles gigantesques et le reste dans la rue. Au début c'est plutôt amusant mais c'est un peu du grand n'importe quoi donc on s'enfuit dans un quartier plus calme. On trouve par hasard un musée gratuit et on entre. C'est l'ancienne banque nationale et ils ont gardé les comptoirs et le coffre fort en place. Un peu d'histoire pré-hispanique, quelques tableaux et on repart vers la place d'Armes. 

Arrivés à côté, on voit des militaires ou CRS barrer les rues qui donnent sur la place, armés et avec des boucliers, on est déçu de ne pas pouvoir y aller. On se rapproche tout de même et on voit que des gens passent. Aurélien demande si on peut passer, les militaires répondent que oui. On arrive devant une nouvelle barrière et cette fois-ci on nous demande ce qu'on veut faire sur la place : on tente un "Visitar ?". Ça passe, a priori les touristes peuvent passer mais les locaux doivent montrer une carte spéciale ou avoir une bonne raison pour passer. Avec tous ces barrages, la place est totalement vide : on peut y voir le palace du gouvernement et la cathédrale. 

Le soir, nous allons au parc des fontaines de la ville. 1€ l'entrée et un spectacle de fontaines, on était assez intrigué ! Le jour se couche et les fontaines s'illuminent, c'est joli. Il y a beaucoup de familles qui viennent assister au spectacle son et lumière puis s'amuser dans ces fontaines. On peut traverser des tunnels d'eau,  jouer avec les jets et se faire mouiller entièrement... 

Parce qu'on est sympa, on vous partage la musique qu'on a eu pendant deux semaines ! 

Aujourd'hui, direction la ville d'Aguas Calientes : la porte d'entrée pour découvrir le Machu Picchu ! Pour y aller, plusieurs options s'offraient à nous : train touristique ou bus local et de la marche (aucune route ne mène au village). Ce n'est pas tous les jours qu'on va voir le Machu Picchu donc on s'est fait plaisir en prenant le train panoramique qui va à la ville. Mais depuis Cusco en avril, nous sommes d'abord obligés de prendre un bus (de 2h) jusqu'à la ville d'Ollantaytambo puis le train. Le voyage en mini bus se passe bien, la compagnie est sérieuse, les chauffeurs soufflent dans le ballon avant de prendre le volant et notre chauffeur est bon ! 

On arrive à la station de train et on découvre notre wagon avec des vitres au-dessus de nos têtes pour bien observer. Le train démarre, nous sommes bercés par le roulis, il roule à peine à 50 km/h ce qui nous permet de vraiment profiter des paysages. Déjeuner et boissons sont servis pendant notre voyage, le service est très bien (on est dans la classe la moins chère... On reviendra peut être faire le train de luxe dans 10 ans !).

 

Après une heure et demie, nous arrivons dans le village Aguas Calientes. Il n'y a strictement rien à voir ici, ni à faire. C'est une ville moche qui sert de dortoir pour la citadelle, les rabatteurs vous crient dessus toute la journée pour aller manger dans leurs restaurants. Nous allons chercher nos billets de bus qui nous permettront de monter au Machu Picchu le lendemain mais quand on voit les prix on prend vite l'option de monter à pied ! (24$ par personne pour 4 km, non merci...).

On arrive à notre hôtel, nous avons une chambre très très simple qui donne sur la rue bruyante (la fenêtre est quasi inexistante). On vérifie le prix qu'on aurait dû payer et on se rend compte qu'il y a eu erreur. La dame de l'accueil a échangé les réservations avec quelqu'un d'autre et nous rembourse. Par contre on doit changer de chambre... Et on a une chambre encore plus simple mais cette fois-ci sans fenêtre ! (tant mieux, au moins c'est plus calme !). 

Le soir, dans cette ville aux milles rabatteurs, on est un peu perdu sur où dîner sans y laisser un bras (et le reste du corps d'ailleurs...). On trouve une petite boulangerie qui nous servira deux sandwich à l'avocat tomate et pesto le tout dans un pain foccacia : à tomber (on en salive encore !)

 

Pour le Machu Picchu, il faut réserver ses billets sur internet avant d'y aller. Là, vous choisissez le créneau horaire auquel vous voulez y aller et le jour J, il ne faut pas être en retard ! Nous avons pris le créneau de 12-13h : cela nous évite la foule du matin qui veut voir le lever du soleil sur le Machu Picchu. 

La montée seule est d'environ une heure / une heure et demie et comme le checkout de l'hôtel est à 9h, on décide de monter en avance et de déjeuner là haut. On arrive vers 9h45 au pied de la montée après avoir récupéré nos casse-croûte du midi. Là, un garde est présent et nous demande nos billets. Il est embêté, on est là bien trop tôt et on risque de lui attirer des ennuis si on monte maintenant (les gardes là haut demanderaient pourquoi il nous a autorisé à passer). Mais il est sympa et comme j'ai une tête de Péruvienne d'après lui, il nous propose de passer 10 min au musée avant et donc de nous laisser passer. Avant de partir, il nous donne deux/trois conseils pour bien visiter là haut, nous fait la bise et nous laisse monter ! On passe rapidement au musée, sympathique mise en bouche mais pas non plus indispensable. 

On commence ensuite la grimpette : un peu moins de 2 km de montée dont environ 1900 marches. On a chaud mais il commence à pleuvoir : on passera notre temps à retirer et à remettre nos kway, ne sachant pas quel est le pire entre être trempé parce qu'on a trop chaud ou parce qu'il pleut ! Après une bonne heure, on arrive enfin devant les portes ! Nous sommes en avance comme prévu, on peut prendre le temps de manger nos sandwich achetés dans une boulangerie française (et absolument dégoûtant !). 

L'heure arrive, on fait tamponner nos billets et on entre. Le site est très surveillé par des gardes, le moindre faux pas est sifflé. Si les gens font des choses inappropriées pour des photos par exemple, ils les font effacer (et quand c'est plus grave, ils sont virés). On aime bien cet environnement un peu strict, ça permet de ne pas avoir des groupes qui crient ou des gens qui ne se préoccupent pas des règles ou des autres sous prétexte de faire un beau selfie ! 

Plusieurs chemins sont possibles : on commencera par la porte du Soleil, offrant une jolie vue de l'ensemble. Ensuite, on prend la direction du pont de l'Inca avec ses pierres permettant la stabilité du chemin.

Puis on suit le chemin balisé, il n'y a pas trop de choix dans les itinéraires possibles. Les lamas nous accompagnent tout du long de notre visite, ils font office de tondeuse à gazon. 

C'est impressionnant de voir cet ensemble construit si haut dans la montagne, au milieu de nul part. L'une des particularités des constructions Inca est qu'ils ne mettaient pas de mortiers, les pierres s'imbriquent les unes dans les autres (et n'ont pas bougées depuis des siècles !). On restera 4 heures à déambuler sur le site, la pluie écourtant notre visite ! 

Le soir, nous prenons notre train pour rentrer, il fait nuit et tout le monde est KO de sa journée. On change ensuite pour un bus : 5 cars complets direction Cusco. Notre chauffeur ne roule pas vite (prudent ?) et se fait vite dépasser par les autres bus : on se retrouve seul. On se rend vite compte que notre chauffeur a un problème et que sa faible vitesse n'est pas seulement liée à sa prudence... 

Vu les gestes qu'il fait et sa conduite, à notre avis il s'endort... Il s'arrêtera deux fois pour se mettre une bouteille d'eau sur la tête, passera son temps à se frotter le visage. On a eu peur sur le retour de finir dans le ravin. Finalement, on arrive à destination (sain et sauf) avec plus de 30 min de retard. On est ensuite rentré à l'hôtel au pas de course, pour être sûr qu'à cette heure là on puisse récupérer les clés ! 

Direction Cusco et ses 3400 mètres d'altitude ! Nous économisons nos efforts dès la sortie de l'avion pour ne pas subir de maux de tête (contrairement à la petite fille devant nous qui court à vive allure dès la sortie de l'avion !). A l'aéroport et à l'hôtel, des feuilles de coca, qui aident contre le mal des montagnes, sont à disposition. Comme nous n'avons pas été malade, nous n'avons pas essayé de mâcher les feuilles, par contre on a bu des infusions de coca ! 

Nous déposons nos bagages à notre hôtel où nous avons une très belle vue sur la ville. On part déjeuner en centre ville : soupe, entrée et plat pour 2,70€... On se rapproche des prix les plus bas que nous avions eu en Russie ! On remonte ensuite les 200 marches pour rejoindre notre hôtel et on doit faire des pauses à plusieurs reprises tellement nous sommes essoufflés. Et c'est à peu près tout ce qu'on fera de notre première journée, on est épuisé. 

Cusco ou le "nombril du monde" en quechua est la première ville touristique du Pérou en raison de sa géolocalisation : près du Machu Picchu et de la vallée sacrée. La ville en elle-même n'est pas sans intérêt mais toutes les visites sont payantes, on fera beaucoup de promenades dans cette ville, ancienne capitale Inca tout de même !

Le deuxième jour, nous visitons la vieille ville dont sa place d'Armes où se trouve la cathédrale et de vieux bâtiments. Contrairement à la place d'Armes d'Arequipa, celle ci est vraiment touristique, aucun local ne vient ici pour passer le temps.On continue notre chemin pour découvrir différents quartiers ou bâtiments : des quartiers avec des galeries d'art, des vieilles pierres et des toujours que des touristes. Nous hésitons sur la visite des églises, elles sont payantes mais la cathédrale est tout de même impressionnante depuis l'extérieur... Finalement, on a fait l'impasse sur le moment, et on a bien fait ! Le soir, c'était la veille de Pâques et nous avons pu participer à la messe le soir dans la cathédrale.

Pour notre troisième jour, nous nous sommes posés la question d'un tour pour visiter des sites plus loin de la ville. Mais c'était loin et on avait pas trop le courage de faire autant de kilomètres en une seule journée (et on aime pas trop la conduite près des ravins ici...). Nous avons donc continué notre découverte de la ville ! Le matin, nous espérons pouvoir assister à la messe de Pâques de la cathédrale mais elle est fermée aux touristes. Tant pis, il fait beau et on se pose à la place d'Armes.

On monte ensuite à un point de vue qui donne sur toute la ville, c'est haut mais ça vaut le coup : on voit tous les toits en tuiles orangées du vieux centre et la place. Le ciel devient très menaçant nous décidons de rentrer et de préparer notre sac pour notre excursion du lendemain, le Machu Picchu ! 

Le troisième jour, nous repartons à la découverte de la ville. Cette fois-ci, ce sont les églises que nous iront voir mais malheureusement on peut rarement y entrer. Colorées, blanches : il y en a pour tous les goûts. Nous entrons dans quelques unes qui sont ouvertes pour la Semaine Sainte (on a un peu de chance sur ce coup là) et les décorations sont très différentes les unes des autres : parfois très (trop ?) chargées ou très simples. 

Pour notre dernier jour, nous prenons la direction de la carrière de pierre à l'extérieur de la ville : c'est ici que sont taillée les pierres qui font la beauté des façades d'Arequipa. Il y a d'autres touristes sur le site mais ils sont tous venus en tour organisé, nous avec un taxi. Du coup, on peut se balader là où on veut et on se retrouve vite tout seul. On rencontre un travailleur qui nous montre son travail réalisé entièrement à la main (bonjour la pénibilité) et nous explique d'où viennent les pierres, les différentes couleurs... (ils ont l'habitude de faire ça pour les touristes !). 20 minutes pour façonner une pierre, vendue 1,30€ ! Un dernier stop devant un pan de carrière sculpté et on rentre. 

Nous prenons un avion pour la ville d'Arequipa, au sud de Lima. Son centre ville est classé au patrimoine de l'UNESCO, en partie pour ses superbes façades en pierres blanches. C'est pour ça qu'elle est surnommée Arequipa, la ville blanche. 

Nous nous installons dans un joli petit hôtel qui ressemble à une hacienda : les murs très colorés et les terrasses permettent de profiter du soleil. On demande au gérant si le quartier est sécurisé, si on peut rentrer le soir tranquillement. Il nous répond "pas de problème ici, vous pouvez rentrer tard sans problème jusqu'à 21h". On a pas la même définition de tard mais on ne rentrera pas si tard alors :)

Le Pérou et l'altitude : Arequipa est une ville située à 2300 m, nous prenons donc notre temps aujourd'hui pour nous acclimater doucement. Le deuxième jour, on se prépare pour visiter la ville et on ressent déjà les effets de l'altitude... Les billes de nos déodorants ont explosé quand on les a ouvert ! On sort alors tous nos produits qu'on ouvre délicatement pour ne pas repeindre les murs de crème ! Et au réveil, j'ai mal à la dent... J'avais lu qu'avec l'altitude, ça pouvait faire apparaître des douleurs et je ne pas fais la maligne en me disant que je dois aller chez le dentiste au Pérou... (Finalement, ça s'est calmé et pas besoin d'y aller au Pérou !)

Nous commençons par visiter la Place d'Armes, toujours le cœur névralgique des villes de l'Amérique Latine. Elle est bordée d'arcades et d'une magnifique et gigantesque cathédrale, blanche bien sûr. C'est très agréable, la place est vivante : les gens s'assoient, discutent et grignotent du maïs avec du fromage. Nous apercevons les premières femmes magnifiquement apprêtées avec leurs chapeaux, tresses et châle colorés dans le dos permettant de porter tout et n'importe quoi. 

Nous nous perdons ensuite dans les ruelles où beaucoup de façades sont sculptées. D'ailleurs, les plus beaux bâtiments sont des banques où l'on peut entrer et visiter les intérieurs préservés.

Deux empanadas plus tard, nous visitons le couvent de Santa Catalina. Un couvent du XVIème siècle qui se trouve être le plus grand au monde. Un village dans une ville donc : des maisons, des ruelles colorées, un petit jardin... On passe deux bonnes heures pour tout visiter. 

Nous revenons en début de soirée dans la ville pour visiter la Cathédrale qui n'ouvre qu'en fin de journée. Bon, c'est un raté, Aurélien est en short et se voit refuser l'entrée (c'est bien la première fois que ça nous arrive !). On s'installe alors sur la place qui continue de s'animer. Au loin, on entend de la musique et on reconnait le style typique des processions de la Semaine Sainte auxquelles on avait pu participer à Malaga pendant nos études. On va à l'église concernée qui se trouve à l'autre coin de la place où beaucoup de monde est déjà rassemblé. Les autels portés sur les épaules sortent chacun leur tour et tous les codes des processions d'Andalousie sont respectés (ça reste quand même un peu moins impressionnant qu'en Espagne). 

 Parce que la ville vaut vraiment le détour, toutes nos photos sont ici

Nous quittons le Chili pour deux semaines au Pérou. Notre point d'entrée est bien sûr Lima, nous n'avons pas vraiment eu le choix avec les vols proposés. Nous ne passerons qu'une journée complète dans la capitale à notre arrivée, nous y reviendrons plus tard, juste avant de partir pour le Costa Rica. 

Au départ, nous avions prévu d'aller au lac Titicaca (entre Arequipa et Cusco) mais on perdait deux jours dans les bus et on aurait qu'ne seule journée sur place. Au final peu d'étapes mais on préfère prendre notre temps et profiter plutôt que courir (et si on peut éviter 13 heures de bus dans les montagnes, c'est pas plus mal !).

Revenons à nos lamas nos moutons, nous prenons un taxi pour nous rendre à notre hôtel à Lima, un samedi soir. Il n'y a pas d'autre mot : c'est le bordel ! A vrai dire, on retrouve le bordel aménagé de l'Asie : des voitures partout, roulant un peu n'importe comment. Il ne faut pas trop tenir à sa carrosserie ! Après plus d'une heure d'embouteillage principalement, nous arrivons dans le quartier bobo chic de Barranco, rempli de petites maisons colorées et de jolis graffitis. Il est tard, nous ne partirons pas explorer le quartier aujourd'hui : on mange une mini pizza à côté de l'auberge et on rentre. Deux boissons sont incluses dans le menu : Aurélien demande un coca cola et moi un fanta. La serveuse revient avec mon fanta et ...? un Inca Kola ! L'accent d'Aurélien est un peu rouillé et l'Inca Cola est la boisson du pays ! Un mal pour un bien, ça nous permet d'y goûter : c'est une première pour Aurélien mais pas la dernière, il adore ça !

Le lendemain, on part en visite et c'est le dimanche des rameaux : on croise des dames en train de tisser des croix en feuilles séchées à l'entrée des églises. Les gens les achètent en remplacement des rameaux habituels de chez nous. Nous croisons également les premières processions dans les rues, mais rien de bien impressionnant pour le moment. 

Nous descendons ensuite jusqu'à la plage, où les voies sont fermées aux voitures pour cause de course à pied. Le littoral n'est pas très agréable, les plages ne sont vraiment pas belles et les odeurs nous donnent envie de nous enfuir à toute vitesse. On part alors sur la promenade haute faisant face à la mer, les immeubles sont très proches des falaises. Sachant qu'on est dans un pays très touché par les tremblement de terre, ce n'est pas très rassurant (quand vous voyez l'état des talus en plus...). On croise des familles dans le parc, dont des personnes qui jouent à la pétanque (des Français bien sûr !). 

Malgré nos réticences sur le pays (si vous saviez tout ce qu'on a lu...), cette journée à flâner dans les rues colorées nous a vraiment donné envie de visiter le reste du pays et on ne va pas être déçu avec la ville suivante !

Aujourd'hui direction le parc national, à l'ouest de l'île. Le bus qui nous y emmène est plus touristique que la veille vu sa destination et les billets s'achètent à un guichet. Nous montons tous dedans mais des places ont été vendues deux fois, le chauffeur se met à jouer aux chaises musicales avec les passagers et arrive finalement à caser tout le monde. On part !

A la sortie de la ville, le mini bus s'arrête, il semble y avoir un énorme embouteillage mais comme nous sommes en montée, on ne voit pas de quoi il s'agit. Le chauffeur descend et va discuter avec les autres pour comprendre ce qu'il se passe, nous poireautons environs 15 min sans bouger d'un poil. Le semi-remorque devant nous s'engouffre dans un chemin de terre passant à travers les champs et notre chauffeur le suit. Youpi, on roule et on voit au loin la très longue file de voitures arrêtées. Une dame assise à l'avant du mini bus guide le chauffeur dans ce tout petit chemin qu'il n'a pas l'air de connaitre. 

Mais le chemin est à peine plus large que le camion devant nous et on commence à croiser des véhicules dans l'autre sens : ça commence à se compliquer. On doit s'arrêter très souvent pour laisser passer les véhicules d'en face, les roues dans le fossé ou dans le talus mais ça passe toujours. Jusqu'au moment où on se retrouve face à un autre semi-remorque... Heureusement, la police arrive pile à ce moment là. Les policiers descendent de leur voitures en courant et commencent à faire la circulation en faisant reculer les camions et bus dans les champs (on a d'ailleurs tapé l'arrière du bus...). Deux heures pour arriver au parc (contre une heure normalement), notre journée est un peu raccourcie sur place. 

Nous partons pour 4 petites randonnées au pas de course pour ne pas rater notre bus du retour ! La première nous mène tout droit à l'océan en passant par une forêt d'arrayans. Cet arbre typique de la région des lacs a pour particularité d'avoir un tronc orangé qui contraste avec les autres arbres. 

La deuxième est une balade dans une forêt un peu plus classique, le grand challenge est de ne pas tomber dans la boue ! Elle fini par une marche à travers des arbustes, cette fois-ci avec un chemin propre en bois. 

Troisième forêt, à peine entré, Aurélien s'arrête net et ne fait plus un bruit. On est nez à nez avec un pudu (ne vous moquez pas de son nom...), le plus petit cervidé du monde. Une quarantaine de centimètres de haut, il est vraiment très mignon (on l'aurait bien emmené chez nous mais il reste trop gros pour nos sacs). Au bout de 5 minutes, il disparaît dans la forêt, on continue donc notre chemin dans la forêt très humide : on n'arrive pas à faire la différence entre le sol et la végétation. 

Dernière balade, on a l'impression de se promener entre des arbres morts, c'est assez étrange ! Le parc n'est vraiment pas la nature la plus belle qu'on ait pu voir depuis le début du voyage mais voir un pudu ne nous fait clairement pas regretter notre choix !

Nous retournons à l'arrêt de bus en temps et en heure. On monte dans le bus, le chauffeur est un peu plus foufou et roule clairement trop vite dans les virages. Au trois quart du chemin, nous tombons sur un embouteillage (à nouveau) monstrueux de camions. Les autres mini bus font descendre leurs passagers pour qu'ils continuent à pied et reprennent un bus de l'autre côté. Notre chauffeur un peu kéké, s'arrête, ouvre la porte et klaxonne en criant Castro, il espère récupérer les clients des autres bus : un jeune homme mord à l'hameçon, il ne va pas être déçu du voyage ! 

Castro et l'embouteillage sont à droite, nous prenons donc à gauche (le jeune homme demande confirmation que l'on va bien à Castro). Quelques mètres plus loin, on s'engage sur la piste du matin (malin le chauffeur). Sauf que cette fois-ci, on ne tourne pas au même endroit, il continue à s'enfoncer dans les champs, à toute vitesse. Le mini-bus vibre de partout avec les cailloux au sol, on a l'impression que les vitres vont exploser. En plus, c'est vallonné, ça monte et ça descend : son vieux bus a du mal dans les montées, faut l'avouer. 

On se perd un peu (merci Waze), il demande le chemin à des voitures et on suit un 4 x 4 rouge. Mais ce qui devait arriver, arriva : après des dizaines de montées son bus s'arrête net au milieu d'une montée. Le chauffeur descend, ouvre une trappe au niveau de la première rangée de siège, bricole deux trois trucs mais on ne redémarre pas. On se voit déjà en train de faire du stop pour un pick-up (ou pire, pousser le mini bus!). Il va chercher des cailloux, trifouille encore dans sa trappe avec ses gros cailloux et hop, le moteur repart ! Hourra ! 

On continue le chemin et on croise le 4 x 4 rouge qu'on suivait dans l'autre sens. Le conducteur nous dit qu'il y a un camion en travers de la piste et qu'on peut pas passer… Du coup, on fait demi-tour et on racle l'arrière du bus dans un talus. On fait quelques mètres et le chauffeur descend pour replacer ce qu'il a cassé en reculant ! On repart à la recherche d'une nouvelle piste, mais là on commence à en faire des kilomètres ! On croise un Cow boy à cheval qui nous donne le chemin et nous dit de faire attention et d'aller doucement. Et finalement, après des kilomètres à travers les champs, on la voit notre route asphaltée ! Mais c'est pas fini ! 

Sur cette route, il y a des dizaines de camions en travers de la route : là on comprend que ce n'était ni un problème technique ce matin, ni un accident de camion mais une grève ! Toute la portion de la route est bloquée dans les deux sens par des camions gigantesques tous les 20m. Et il nous est impossible de reprendre la route asphaltée, deux camions bloquent au droit de notre chemin. On prend donc la piste qui est devant nous et on continue notre détour de plusieurs kilomètres sur les pistes. Finalement, on retrouve enfin la route, les camions ne bloquent pas jusqu'ici !

2h30 pour le retour, toujours dans la bonne humeur avec le chauffeur qui nous crie à l'arrivée "alors, vous avez aimé mon chemin ?"

Nous passons la nuit à Puerto Montt, ville sans réel intérêt touristique, pour repartir le lendemain pour l'île de Chiloé. L'île est grande comme la Corse et est connue, entre autres, pour avoir 16 églises classées au patrimoine de l'Unesco. 4 heures de bus et un bac de 20 minutes nous permettent d'atteindre la capitale de l'île, Castro. 

Nous nous installons dans une charmante auberge avec une décoration vintage et un poêle en fonctionnement (qui n'est vraiment pas de trop). Nous sommes arrivés tard dans l'après-midi et décidons de faire tout de même un rapide tour de la ville. Première chose que l'on ne peut pas manquer : l'église classée de la ville. Jaune et violette, elle a des allures de châteaux de contes de fées ! L'intérieur, entièrement en bois, est bien moins clinquant mais très beau à voir. Nous programmons notre journée du lendemain avec les informations de l'office du tourisme qui nous conseillent une agence de voyage au coin de la rue. L'agence nous propose un petit circuit des églises mais quand elle nous donne les prix, on fait un peu la tête. Tout ça parce qu'il y a un repas "typique" et un moment de partage avec les locaux (mouai, les trucs faux comme ça on aime pas trop). Nous ferons donc notre tour de l'île avec les transports locaux !

Au dîner, nous faisons le tour des restaurants mais il n'y a aucun prix d'affiché, ni de cartes à l'extérieur. On abandonne et on décide d'aller chercher des empanadas dans une boulangerie. On n'a pas été déçu ! Les empanadas étaient délicieuses et la serveuse essayait de nous parler en français, c'était adorable. 

Le lendemain, direction trois églises classées, au nord de Castro et sur une petite île. Les 16 sont un peu éparpillées sur toute l'île donc sans voiture et en deux jours, il faut faire des choix. Nous prenons le bus local pour nous rendre à la ville de Dalcahue.

Prendre le bus n'est pas tout à fait comme en France, ça reste plutôt simple mais il faut un peu d'organisation ! Les grosses destinations sont écrites sur des petits panneaux à l'avant des bus. Vous montez dedans et vous vous débrouillez pour savoir quand est votre arrêt (google maps est votre ami dans ces cas là). Là vous demandez au chauffeur de s'arrêter (en espagnol, por favor), vous payez la somme qu'il vous demande (faut connaitre ses chiffres en espagnol là aussi) et vous descendez là où vous voulez (ou pas...). 

On prend donc notre mini bus et on profite qu'une personne descende dans la ville que l'on souhaite visiter pour descendre au même arrêt (mais pas exactement au bon endroit). On fait très vite le tour de la toute petite ville et on découvre l'église en bois classée, blanche (ça change des couleurs de la veille) ! Malheureusement on ne peut pas entrer dedans. 

On part alors à la recherche du bac qui nous emmènera sur la petite île d'en face. On longe le bras de mer, on interroge le monsieur qui a l'air de diriger les voitures vers le bac et il nous montre le bus déjà sur le bac et nous dit que celui là va sur l'île et dans la ville qu'on souhaite ! Parfait, on prend donc un bus sur un bateau ! Après 20 min de route, nous arrivons dans la ville de Achao. Son église est très austère mais elle est la plus vieille des îles de Chiloé. L'intérieur au contraire est bien plus clair, le contraste ! On déjeune ensuite face à la mer et aux petits bateaux de pêcheurs. 

On décide de continuer encore un peu l'exploration de l'île et nous prenons notre troisième minibus pour la ville de Quinchao. Cette fois-ci il y a un monsieur qui fait payer en plus du chauffeur. On est assis mais il vient nous voir pour nous demander où on descend. Au bout de quelques minutes, on voit le panneau de la ville Quinchao et le mini bus ne s'arrête pas. Trop tard donc, on descendra à l'arrêt suivant (le monsieur nous dit qu'il faut demander quand on veut descendre mais vu que 5 min avant il nous avait demandé où on descendait, on s'était laissé guidé... Le tout pour un prix un peu cher par rapport à la distance parcourue - on s'est senti un peu arnaqué avec eux quand même). 

Tant pis, on reprend la route à pied dans l'autre sens, le prochain bus étant celui-ci et il ne revient que dans 1h30. 2,5 km de montées/descentes pour arriver à notre troisième église. Une voiture s'arrête à notre niveau et nous propose de nous déposer à la ville Achao (c'est gentil mais on en vient justement...). Nous arrivons enfin au tout petit village de Quinchao avec son église. On est un peu déçu, elle a l'air abandonnée ou serait digne d'un film d'horreur et en plus on ne peut pas entrer dedans. 

Au bout de 10 min, on a fait le tour et on repart vers l'arrêt de bus le plus proche. Aux arrêts de bus, il n'y a pas d'horaires, il suffit d'attendre. On sait qu'on va attendre longtemps que le bus de tout à l'heure fasse sa boucle. Il se met à pleuvoir (au moins on est abrité) et le chien de la maison voisine passe son temps à nous renifler les pieds et se gratter les puces. Au bout d'une heure et quart, une voiture s'arrête et nous demande si nous allons à Achao, on répond oui ! Sauvés : on a quand même eu deux voitures qui se sont arrêtées sans qu'on fasse du stop ! On discute de tout et de rien avec le monsieur et on arrive en 10 minutes à la ville. De là, nous prenons un bus pour la ville de Castro directement. 

Epuisés par nos vagabondages, nous retournons manger nos empanadas de la veille et au lit !

Nous consacrons notre matinée à la visite de Villa la Angostura. La veille, la fin de la route des 7 lacs s'est faite sous la pluie et nous n'avions pas pu tout voir. Heureusement aujourd'hui, nous sommes accompagnés par un grand soleil. On revient donc un peu sur nos pas, pour aller voir ce qu'on a loupé dont le Rio Correntoso, la plus courte rivière du monde (on n'est pas certain qu'on puisse appeler ça une rivière) qui fait la liaison entre deux lacs. Les couleurs sont fabuleuses, on se demande si nous n'avons pas atterri dans les Caraïbes plutôt qu'en Patagonie.

On touche l'eau et elle est gelée : pas de doute, on est bien en Patagonie ! On va jusqu'à la plage d'où on peut observer les montagnes. On repart ensuite vers la petite rivière, l'eau est transparente et depuis le pont piéton, on aperçoit les énormes poissons qui sont là dessous. 

Un petit tour dans la ville avant de partir, il n'y a pas grand chose à voir. Nous prenons rapidement la route pour notre dernière ville en Argentine, San Carlos de Bariloche. Nous arrivons en début d'après-midi mais nous avons la voiture jusqu'en début de soirée. On décide alors d'en profiter et de visiter les alentours. Nous prenons la route pour la péninsule Llao Llao qui donne sur le lac et les montagnes (encore me direz-vous !). Nous nous arrêtons à tous les miradors proposés et on en prend plein les yeux. 

L'hôtel Llao Llao très connu dans la région nous donne bien envie de nous y installer (mais c'est un 5 étoiles donc peut être pour une autre fois !). 

On rentre ensuite à notre hôtel, en plein centre ville, après avoir rendu la voiture. Pour l'anecdote, on a voulu se garer dans la rue devant l'hôtel pour déposer les valises avant de rendre la voiture. C'est écrit partout qu'il faut payer mais on n'a jamais trouvé le parcmètre ! (Ni de place d'ailleurs, on a pris un parking souterrain dans la rue voisine). Ce n'est qu'après avoir rendu la voiture, qu'on a compris comment fonctionnait le stationnement ici : il n'y a pas de parcmètre mais des gens parcmètre ! Ils sont chacun responsable d'une rue et c'est auprès d'eux qu'il faut payer ! 

Bref, le lendemain, nous partons visiter la ville. Un tour dans la rue principale, bordée de chocolateries. Puis comme on a fait très vite le tour, on va vers l'office du tourisme. Les informations (surtout sur la route qu'on a pris la veille) et les différentes lieux ne nous motivent pas vraiment. Là on est vraiment content d'avoir inversé nos durées de séjour entre San Martin et Bariloche (on devait rester une semaine ici à la base !). 

Le soir pour nous réconforter de cette ville pas très intéressante, on va au resto : un vrai bon resto ! Viande de bœuf au barbecue et purée, on n'a pas aussi bien mangé depuis très très longtemps (et que c'est copieux !). 

Nous sommes samedi et pour notre dernière journée, on ne fait pas grand chose ! Nous avons quand même une mission aujourd'hui, retirer de l'argent pour payer le taxi le lendemain qui nous déposera au bus. Ici les frais bancaires sont assez effrayants pour les étrangers, ça va de 5€ à 10€ peu importe le montant, en fonction de la banque. Et nous n'avons besoin que de 10€ pour le taxi donc payer le double pour des frais bancaires ne nous enchante pas ! On va donc à la banque la moins chère qu'on avait repéré, celle des 5€ (quand même !) mais le distributeur nous indique que le montant est inexact. On change de montant mais rien n'y fait... On part alors dans la ville pour essayer les autres banques. Toutes les autres sont à 10€ ! Comme aujourd'hui on a tout notre temps (mais pas d'argent à jeter par les fenêtres), on cherche d'autres banques (pendant une heure quand même !). Dans un éclair de lucidité, on décide de retourner à la première banque mais d'essayer un autre distributeur. Celui de gauche nous redonne le même message d'erreur que la première fois mais bon vu qu'on est un peu désespéré, on essaye le dernier distributeur possible, celui de droite. Bingo ! Celui là nous donne enfin des billets et on comprend que les deux autres distributeurs étaient vides (ils ne peuvent pas écrire ça plutôt ?!)

Nous repartons le lendemain à 7h du matin pour 6h de bus, direction Puerto Montt au Chili. Le passage des frontières sera un peu plus long qu'à l'aller. A la douane Argentine, des chiens viennent renifler dans la soute et le bus. A la douane Chilienne, tous les sacs sont sortis du bus et des chiens viennent les renifler également ! Finalement, nous arrivons à l'heure (comme toujours !) à Puerto Montt.

Nous quittons notre petit chalet dans la ville de San Martin (que nous avons adoré) pour la ville de Villa la Angostura. Cette route est une destination en elle même, elle est connue sous le nom de la route des sept lacs. Préparez-vous, vous allez en voir du lac (et en panoramique !). La route est ponctuée de plusieurs points de vue et nous ferons beaucoup d'arrêts "Waouh". 

Vous nous demandez souvent comment est la route, voici un petit récap de ce qu'on a vu ! Après les pistes de la veille et l'avant-veille, la route est de bonne qualité, ce qui est très agréable ! Par contre, nous n'avons croisé qu'un seul panneau de signalisation de vitesse maximale, un petit 60, pas intérêt à le louper. On croise des animaux en liberté sur le bas côté de la route, un peu flippant de passer si près des vaches et des chevaux...

C'est parti pour cette très belle route.

 


Lago Machonico

 


Lago Hermoso

 


Lago Falkner

 


Cascade Nivinco

Nous laissons la voiture deux heures pour marcher jusqu'à la cascade Nivinco. Et que d'aventures ! Nous arrivons sur une première rivière à traverser. Je me lance avec mes chaussures imperméables car l'eau ne semble pas très profonde. Premier pas, pas de problème, deuxième pas : eh bien finalement c'est beaucoup plus profond que prévu. L'eau est passée par dessus ma cheville, j'ai les pieds trempés ! Trempés pour trempés, je continue et passe de l'autre côté. Aurélien plus fin, s'essaye sur la branche qui traverse une partie de la rivière. Il réussira avec brio la traversée. On passe ensuite par des forêts, la ballade est sympa mais très simple. 

On croise ensuite un couple qui nous dit que "ça en vaut le coup". On se demande si on a bien compris et si la marche ne va pas devenir plus physique ! Mais non, on comprend au tournant suivant ce qu'ils voulaient dire en se retrouvant face à une nouvelle rivière. Aurélien y va le premier cette fois et essaye de passer sur des minuscules rochers. Ca ne fonctionne pas, il fait demi tour, va chercher d'autres cailloux et arrive à passer non sans peur.  Je tente ensuite ce chemin, mais impossible pour moi, je me déchausse et passe la rivière gelée pieds nus ! 100 mètres plus loin, rebelotte. Aurélien retente sa chance avec une traversée sur les cailloux mais cette fois-ci ça ne passera pas. On se déchausse mais la rivière est plus large et une fois arrivés de l'autre côté, on a les pieds et les jambes gelés et on a dû vérifier qu'on avait encore tous nos doigts de pied ! 

Pas grave, on est enfin arrivé à la cascade, très jolie ! L'eau est transparente avec de très belles couleurs, on adore. On monte vers un mirador donnant sur la cascade et on emprunte un petit chemin qui monte. 

Et là, on rencontre des gens qu'on avait croisé sur le parking... C'est impossible qu'ils soient là sauf s'il y a un passage secret. Et en effet, un chemin bien caché contourne la rivière, pas besoin de se tremper à la fin... (je vous rassure, 90% des gens qu'on a croisé se sont gelés les pieds !). 

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