Aujourd'hui direction le parc national, à l'ouest de l'île. Le bus qui nous y emmène est plus touristique que la veille vu sa destination et les billets s'achètent à un guichet. Nous montons tous dedans mais des places ont été vendues deux fois, le chauffeur se met à jouer aux chaises musicales avec les passagers et arrive finalement à caser tout le monde. On part !

A la sortie de la ville, le mini bus s'arrête, il semble y avoir un énorme embouteillage mais comme nous sommes en montée, on ne voit pas de quoi il s'agit. Le chauffeur descend et va discuter avec les autres pour comprendre ce qu'il se passe, nous poireautons environs 15 min sans bouger d'un poil. Le semi-remorque devant nous s'engouffre dans un chemin de terre passant à travers les champs et notre chauffeur le suit. Youpi, on roule et on voit au loin la très longue file de voitures arrêtées. Une dame assise à l'avant du mini bus guide le chauffeur dans ce tout petit chemin qu'il n'a pas l'air de connaitre. 

Mais le chemin est à peine plus large que le camion devant nous et on commence à croiser des véhicules dans l'autre sens : ça commence à se compliquer. On doit s'arrêter très souvent pour laisser passer les véhicules d'en face, les roues dans le fossé ou dans le talus mais ça passe toujours. Jusqu'au moment où on se retrouve face à un autre semi-remorque... Heureusement, la police arrive pile à ce moment là. Les policiers descendent de leur voitures en courant et commencent à faire la circulation en faisant reculer les camions et bus dans les champs (on a d'ailleurs tapé l'arrière du bus...). Deux heures pour arriver au parc (contre une heure normalement), notre journée est un peu raccourcie sur place. 

Nous partons pour 4 petites randonnées au pas de course pour ne pas rater notre bus du retour ! La première nous mène tout droit à l'océan en passant par une forêt d'arrayans. Cet arbre typique de la région des lacs a pour particularité d'avoir un tronc orangé qui contraste avec les autres arbres. 

La deuxième est une balade dans une forêt un peu plus classique, le grand challenge est de ne pas tomber dans la boue ! Elle fini par une marche à travers des arbustes, cette fois-ci avec un chemin propre en bois. 

Troisième forêt, à peine entré, Aurélien s'arrête net et ne fait plus un bruit. On est nez à nez avec un pudu (ne vous moquez pas de son nom...), le plus petit cervidé du monde. Une quarantaine de centimètres de haut, il est vraiment très mignon (on l'aurait bien emmené chez nous mais il reste trop gros pour nos sacs). Au bout de 5 minutes, il disparaît dans la forêt, on continue donc notre chemin dans la forêt très humide : on n'arrive pas à faire la différence entre le sol et la végétation. 

Dernière balade, on a l'impression de se promener entre des arbres morts, c'est assez étrange ! Le parc n'est vraiment pas la nature la plus belle qu'on ait pu voir depuis le début du voyage mais voir un pudu ne nous fait clairement pas regretter notre choix !

Nous retournons à l'arrêt de bus en temps et en heure. On monte dans le bus, le chauffeur est un peu plus foufou et roule clairement trop vite dans les virages. Au trois quart du chemin, nous tombons sur un embouteillage (à nouveau) monstrueux de camions. Les autres mini bus font descendre leurs passagers pour qu'ils continuent à pied et reprennent un bus de l'autre côté. Notre chauffeur un peu kéké, s'arrête, ouvre la porte et klaxonne en criant Castro, il espère récupérer les clients des autres bus : un jeune homme mord à l'hameçon, il ne va pas être déçu du voyage ! 

Castro et l'embouteillage sont à droite, nous prenons donc à gauche (le jeune homme demande confirmation que l'on va bien à Castro). Quelques mètres plus loin, on s'engage sur la piste du matin (malin le chauffeur). Sauf que cette fois-ci, on ne tourne pas au même endroit, il continue à s'enfoncer dans les champs, à toute vitesse. Le mini-bus vibre de partout avec les cailloux au sol, on a l'impression que les vitres vont exploser. En plus, c'est vallonné, ça monte et ça descend : son vieux bus a du mal dans les montées, faut l'avouer. 

On se perd un peu (merci Waze), il demande le chemin à des voitures et on suit un 4 x 4 rouge. Mais ce qui devait arriver, arriva : après des dizaines de montées son bus s'arrête net au milieu d'une montée. Le chauffeur descend, ouvre une trappe au niveau de la première rangée de siège, bricole deux trois trucs mais on ne redémarre pas. On se voit déjà en train de faire du stop pour un pick-up (ou pire, pousser le mini bus!). Il va chercher des cailloux, trifouille encore dans sa trappe avec ses gros cailloux et hop, le moteur repart ! Hourra ! 

On continue le chemin et on croise le 4 x 4 rouge qu'on suivait dans l'autre sens. Le conducteur nous dit qu'il y a un camion en travers de la piste et qu'on peut pas passer… Du coup, on fait demi-tour et on racle l'arrière du bus dans un talus. On fait quelques mètres et le chauffeur descend pour replacer ce qu'il a cassé en reculant ! On repart à la recherche d'une nouvelle piste, mais là on commence à en faire des kilomètres ! On croise un Cow boy à cheval qui nous donne le chemin et nous dit de faire attention et d'aller doucement. Et finalement, après des kilomètres à travers les champs, on la voit notre route asphaltée ! Mais c'est pas fini ! 

Sur cette route, il y a des dizaines de camions en travers de la route : là on comprend que ce n'était ni un problème technique ce matin, ni un accident de camion mais une grève ! Toute la portion de la route est bloquée dans les deux sens par des camions gigantesques tous les 20m. Et il nous est impossible de reprendre la route asphaltée, deux camions bloquent au droit de notre chemin. On prend donc la piste qui est devant nous et on continue notre détour de plusieurs kilomètres sur les pistes. Finalement, on retrouve enfin la route, les camions ne bloquent pas jusqu'ici !

2h30 pour le retour, toujours dans la bonne humeur avec le chauffeur qui nous crie à l'arrivée "alors, vous avez aimé mon chemin ?"